Aujourd’hui, je deviens vegan.

Au grand désespoir de ma famille je n’ai jamais été très viande, il faut dire que petite mon grand-père ne s’est jamais caché de tuer des poules, des canards et des lapins, il les tuaient même devant moi, ces mêmes lapins que je caressais quelques heures avant. Alors, quand ma grand-mère me répondait que ce midi c’était pommes de terre et lapin, ça ne passait pas, j’ai toujours eu le droit à la fameuse « mais goûte, avant de dire que tu n’aimes pas » à cette époque je ne comprenais pas pourquoi je devais me forcer à aimer quelque chose alors qu’un adulte, si lui dit qu’il n’aime pas, on ne lui met pas la cuillère de force dans la bouche.

Puis j’ai grandi, dans une famille qui ne pouvait pas faire un repas sans viande, en entrée : charcuterie et pâté, en plat : un bon pot-au-feu de maman et s’enchaîne le plat de fromages et les desserts industriels. Je ne critique pas, je n’ai jamais « manqué » de rien.

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J’ai grandi dans cette société consommatrice, j’ai grandi dans le mensonge, j’en ai conscience aujourd’hui, des publicitaires qui te vendent du lait avec des slogans telle que « les produits laitiers sont nos amis pour la vie » j’ai grandi avec un voile opaque devant les yeux, c’est vrai, j’aime mon chien, j’aime les petits chats arpentant les rues, j’aime même les cochons, les moutons et les lapins, c’est mignon, mais auparavant, je n’avais pas le lien entre viande et animaux, je me sens tellement stupide en écrivant cela aujourd’hui. Je m’imaginais que mon pavé de steak, venait d’un producteur proche de ses bêtes, qu’elles avaient eu une longue vie, heureuse bien entendu, à gambader dans des grandes prairies, le grand air et qu’elles étaient morte de vieillesse. Comment peut-on être aussi naïve ? On m’a menti toute ma vie, avec des packagings, des phrases bidons, des labels, des publicités…

Et un jour, je parlais avec des amis qui étaient végétariens, et j’étais admirative, j’arrivais pas à comprendre comment c’était possible, moi aussi j‘aimerais aider à ma façon, ajouter ma pierre à l’édifice, mais me passer de mon burger favoris, de mes pâtes carbonara, CA JAMAIS ! À cette époque j’avais beaucoup plus d’amis omni que végé/vegan, et du coup, la moindre réflexion « négative » sur le végétarisme me rassurait dans mon choix de ne pas passer le cap :

  • « Non mais un moment, tu vas manquer de protéines, déjà que tu as une santé bancale, ça va pas s’arranger! »
  • « On est déjà en crise, toi et tes copains, vous allez détruire l’économie ! »
  • « Faut arrêter, si tu achètes tes œufs, ta viande et ton fromage dans une ferme locale/dans un magasin bio c‘est complètement différent »
  • « Le lait si tu n’en bois pas, tu vas avoir les os fragiles »

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C’était assez nouveau à l’époque et peu de gens s’y connaissait vraiment, la plupart des informations qu’on pouvait avoir était bien souvent faussé, même si de nos jours, les mythes populaires autour du véganisme sont encore d’actualité, beaucoup de personnes répandent aujourd’hui la bonne parole. Il y a bientôt deux ans, j’ai emménagé avec mon copain, ayant fait des études dans la gestion d’espace naturel, il est forcément intéressé par l’écologie, il m’a beaucoup appris à ce sujet, mais ne s’est jamais penché sur le sujet du végétarisme. À l’époque, nous n’étions pas bien riches, du coup, nous limitions au maximum l’achat de viande, et autant l’avouer quand j’en acheté, c’était bien souvent de la viande pas cher.

Petit à petit, en lisant des articles de personnes végéta*ienne, en regardant des vidéos, j’ai commencé à me renseigner autour de cette thématique. Je me sentais vraiment concernée, le bien-être animal, j’étais prête à le défendre, et pourtant, je continuais à manger des animaux. Je n’arrivais pas à comprendre : comment je pouvais être aussi égoïste ? Partout, sur tout les formats, j’entendais et lisais le mot déclic, et je ne comprenais pas pourquoi chez moi, il n’avait pas lieu

Et un jour, farfouillant sur Netflix dans l’espoir de trouver un truc intéressant pour faire passer mon après-midi, je tombe sur le documentaire « Cowspiracy » – 90 minutes pour découvrir l’horreur de l’élevage intensif qui détruit la planète et dont on essaye de nous cacher l’existence depuis tant d’années. Pour moi, ce jour-là, le masque est tombé, je n’ai pas réussi à retenir mes larmes, ce documentaire n’est pourtant pas rempli de scène violente, mais il met en lumière les mensonges que la société nous laisse croire. Vers la fin du documentaire, aux alentours d’ 1 h 10, un homme qui détient quelques canards chez lui, va en choisir un, qui a environ 2 ans, et va lui trancher la gorge à coups de hache. La scène m’a glacé le sang, je me suis revue, des années en arrière, au près de mon grand-père, qui était sur le point de tuer une de ses bêtes pour qu’ensuite ma grand-mère l’a cuisine pour le repas du soir. C’est à ce moment précis que j’ai compris, l’importance que j’avais dans ce système, que mon pouvoir d’achat était ma plus grande arme, et surtout qu’une vie valait une vie, humaine ou animale, et que plus jamais je ne pourrais porter un morceau de viande aka animaux morts à ma bouche.

À partir de ce jour, une soif de savoir est née en moi, j’avais besoin de suivre des parcours de gens comme moi, j’avais envie de me sentir soutenue et comprise, petit à petit, j’ai commencé à suivre des comptes sur Instagram, et découvrir au fur et a mesure des personnes végétarienne, végétalienne et végane un peu sur toutes les plate formes : blog, vidéos, photos, tout était bon à prendre pour moi. C’est là que j’ai découvert la chaîne de Jihem Doe, et que j’ai sauté le pas du véganisme, il a réussi à mettre en lumière tout ce que je ne voyais pas, et répondre à toutes les questions que j’avais autour de ce mouvement, et surtout rayer les a priori (pourris) que j’avais emmagasiné. Maintenant, grâce à lui, j’ai un argumentaire en béton armée pour répondre aux questions envahissantes de ma famille, de mes collègues et de mes amies.

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Quelques mois ont passé depuis ma prise de décision, pas un instant, je n’ai douté ou eu une quelconque envie d’abandonner, et vous savez pourquoi, c’est tout simple : je ne me suis jamais sentie aussi bien, que ce soit physiquement ou mentalement.

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4 réflexions au sujet de « Aujourd’hui, je deviens vegan. »

  1. Super article ! Tu pourrai peut-être par la suite en faire un sur tes arguments bétons ! Car j’ai beau ne plus manger depuis 2 ans maintenant je ne les connais sûrement pas tous et ça pourrait aussi aider d’autre personne à franchir le pas ! Bravo en tout cas pour ta décision plus qu’admirable ! Et encore super article 💕

    Aimé par 1 personne

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