Être une femme – agressions, viols et harcèlements.

J’ai toujours voulu parler ici des problèmes de société, des problèmes qu’on rencontre au long de notre vie, pour que les gens ouvrent les yeux et que les choses bougent. Alors aujourd’hui, vu que les femmes ont décidés de parler et de se libérer, je me dis que mon témoignage ne sera pas de trop.

Plus jeune j’habitais près d’une route nationale, énormément utilisé, chaque jour, je l’a traversé pour aller a l’école, voir mes copains, faire du vélo, jouer avec mon frère sur le terrain de foot, et tous les jours je me faisait klaxonner par des hommes au volant de leurs voitures ou de leurs camions, je n’avais même pas 10 ans.

Pendant qu’on sortait le chien avec ma cousine dans son lotissement, deux hommes en voiture nous ont suivis et on essayer de nous faire monter dans leurs voitures, nous leur avons échappé en se cachant dans un parc, j’avais 14 ans.

Au lycée, j’ai rencontré un mec sur qui j’avais flashé, il avait le même âge que moi, il était originaire de Paris, et avait l’habitude de fumer beaucoup de joints, après quelques semaines de relation, je suis allée chez lui pour passer le week-end et ce jour-là, j’ai compris qu’il avait un autre visage, que je ne connaissais pas, il a été violent, j’avais 16 ans.

Après une soirée chez ma meilleure amie, je suis allée me coucher, car j’étais fatiguée, mon copain m’a rejoint alors que je dormais déjà et m’a violé, j’avais 17 ans.

Au travail, il y a quelques années, mon collègue venait me voir tout les jours pour me demander quand est-ce que je le sucerais, quand est-ce que je venais chez lui pour me faire baiser, ça a duré plusieurs semaines. Puis un jour alors que nous étions tous les deux dehors pour faire notre travail, il m’a mis une claque aux fesses, j’avais 18 ans.

Un soir après mon travail, je me rendais à la bouche de métro, un homme m’interpelle pour savoir ce que je fais, je lui dis que je n’ai pas le temps, que je rentre chez moi, et que je n’ai pas envie de discuter, il a pris le même métro que moi, s’est installer à côté de moi, me regarder avec insistance, me chuchoter des choses à l’oreille, il m’a suivi jusque dans ma rue, j’avais 19 ans.

J’ai 25 ans, et hier encore, on m’a arrêté dans la rue pour me proposer de monter dans la voiture d’un parfait inconnu, juste parce que je portais une robe.

Non, je ne me sens pas flattée.

 

meetoo
Un lien vers une vidéo youtube t’attend juste ici.

 

Que j’aille faire mes courses, que j’aille dans un bar avec des amies, que je marche dans la rue tout simplement, que j’aille faire du sport, que je sois en robe, en jupe, en col roulé, en jogging, rien ne vous arrête, pourtant, je n’ai jamais rien demandé.

Je n’ai pas le droit de m’habiller comme je l’entends, je n’ai pas le droit de refuser vos avances, je n’ai pas le droit d’être libre, je n’ai pas le droit de vivre sereinement.

J’aimerais vivre dans un monde où je ne serais pas jugé sur mon physique, où j’aurais le droit de porter ce que j’ai envie, où je n’aurais pas peur de sortir boire un verre avec mes amies, où je n’aurais pas besoin d’appeler un homme pour qu’il me raccompagne sans crainte, où les agressions sexuelles ne seront pas minimiser, où j’aurais les mêmes droits qu’un homme, où les agresseurs seront jugés et punis pour leur acte.

11 réflexions au sujet de « Être une femme – agressions, viols et harcèlements. »

  1. Wow… je me suis un peu reconnue dans tout ces, je n’ai pas vraiment le mot pour mais atrocités conviendrait parfaitement, je pense. Je n’ai que 17 ans et encore, ça n’est que dans quelques jours, mais pourtant il y a tant de choses qui se sont déjà passées et tant de choses se passeront encore. Ce qui est malheureux c’est que nous soyons prises aussi peu au sérieux, par tout le monde. Si nous avons l’audace de dire : « oui, j’ai peur de marcher dans la rue, que se soit en plein jour ou en pleine nuit, parce qu’au final on n’est jamais rassurées et en sécurité. » nos paroles seront tout de suite prise à la rigolade ou alors on nous dira « t’es parano » non, non on est pas parano, oui ça se passe, tout les jours, tout le temps, trop de fois. Aujourd’hui, je me surprends même à faire des détours monstrueux juste pour ne pas passer dans les ruelles où il n’y a pas beaucoup de monde, parce qu’en réalité je suis totalement flippée à l’idée de vivre « ça » peut-être encore une fois. C’est tellement triste de se dire qu’on ose plus mettre ce qu’on aime parce que c’est « trop provocant » aux yeux des autres. Pourtant leur connerie et leur paroles le sont encore plus. Et j’espère qu’un jour toutes nos voix seront réunies pour qu’on puisse enfin se faire entendre et qu’on soit enfin entendues, et qu’on arrête une bonne fois pour toute de dire aux filles de mieux s’habiller, mais d’inculquer à la place, aux garçons le respect…

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    1. Je suis restée bouche bé devant ton commentaire, à 17 ans (à peine) tu as vécu des choses immondes, tu en as conscience et ça me frustre et me révolte de voir que rien ne change, rien n’évolue, le monde sombre petit à petit, mais quelque part, au fond, j’ai espoir, depuis que les femmes osent, s’affirment, et l’ouvrent pour raconter leurs histoires, comme toi j’ai peur le jour comme la nuit, de sortir, quand je m’habille, j’ai peur de subir encore une fois des agressions, trop de fois vécus, et pourtant j’ai conscience que ça arrivera encore, mais on doit se serrer les coudes, s’entraider, se lever et lutter contre tout ça ! Courage, un jour, tout ses hommes auront le retour de bâton.
      Je t’envoi de l’amour par milliers et de la bravoure pour que tu réussisse à faire face à toutes les épreuves que la vie osera mettre sur ton chemin ! ♥

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    1. Ce n’est pas du tout une question de chance ou de malchance malheureusement, ce genre de chose arrivent tout les jours à beaucoup de personne, c’est un problème de société, la culture du viol est partout, à la télé, dans les magazines, on vis dans un monde qui rabaissent la femme chaque jour, peut-être que tu n’en a pas pleinement conscience…

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  2. Je pense que beaucoup de femmes ont rencontré ce genre de situation un jour ou l’autre
    Moi j’en ai beaucoup croisés des comme ça
    Mais franchement celui que je garde en tête c’est un médecin qui m’a proposé « des relations sexuelles contre de l’argent »
    Je suis restée terrée chez moi pendant plusieurs semaines, je croyais que les gens dans la rue me prenaient pour une pute

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